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Il était une fois Perseneige

I don't know about you but I'm feeling 22

25 Août 2016, 19:41pm

Publié par Perseneige

22ans, je peux enfin la chanson de Taylor Swift en disant que "oui, c'est trop ma vie".
J'avais découvert cette chance à 19 ans, je venais de déménager à Nancy après une année désastreuse. Et je me souviens qu'à ce moment-là je me disais "quand j'aurai 22 ans, je serai, enfin, une adulte". Par adulte, j'entendais que je serai 'posée', et que j'aurai certainement réussi professionnellement.
Aujourd'hui alors, le bilan ? L'année de mes 21 ans aura été pour les 3/4 très difficile, j'ai tout bonnement refusé d'avoir 21 ans, et puis entre nous mon anniversaire était catastrophique, et puis, surtout, j'allais rentrer en dernière année de licence.
Au risque de me répéter, je souhaite, plus que tout au monde, devenir comédienne, ou plutôt être reconnue comme tel, parce qu'en réalité, on naît plus comédien qu'on ne le devient, selon moi. Et devoir encore perdre un an à la fac... Très peu pour moi.
Septembre a été un mois très difficile, je me sentais très seule, jusqu'à ce que je trouve quelqu'un qui comprenait toutes mes angoisses et mes doutes, et me disait que je devais persévérer, et croire que oui, moi aussi, j'avais le droit d'être heureuse. Et puis la chaîne bien sûr, la chaîne m'a tellement apportée, c'était mon moment de bonheur, même si au départ il n'y avait pas beaucoup d'échanges, et que peu de personnes étaient au courant, c'était un défit que je m'étais lancé à moi, la (trop) grande timide mal dans sa peau.
Et je ne regrette absolument pas !
Parce que j'ai appris à m'assumer, tel que j'étais vraiment, et que même si dans ma vie de tous les jours, je fais tout pour être transparente (sans compter mes cheveux certes), et joue à être cette fille froide et détachée, là je pouvais juste m'assumer, sans avoir peur des retours 'réels'. Oui parce que, me confronter au réel, ce n'est pas trop mon truc.
J'ai passé des concours pour de grandes écoles de théâtre, je n'ai réussi à aucun, mais je n'avais pas eu le temps de bien me préparer, j'ai maudit ma licence, j'ai aussi encore une fois maudit mes parents qui m'avaient empêchée à 18 ans de partir réaliser mes rêves d'artiste. Et puis, grâce à Booktube, étrangement j'ai réussi à mieux gérer ces échecs, comprenant que peut-être, faire une école de théâtre, ce n'était peut être pas fait pour moi, attention, je ne parle pas du métier de comédien, mais de la manière d'y arriver. Parce que même si mes concours échouaient, ma chaîne, et ma petite personne allaient de mieux en mieux.
Il m'a fallu attendre les Imaginales pour avoir un vrai déclic :
je vaux quelque chose (comme n'importe qui d'ailleurs), j'ai des choses à dire, et même si on ne veut pas de moi à Strasbourg ou à Lyon, et bien je les dirai via un autre moyen.
Et puis, à ma grande surprise, en juin, après avoir un peu farfouillé sur internet, j'ai trouvé ce master par correspondance au Mans sur la littérature pour la jeunesse. Là, je dois dire un grand merci à l'adorable Morgana du blog d'encre et de rêve, qui sans s'en rendre compte, m'a convaincue de me lancer. J'ai toujours supplié mes parents de me faire prendre des cours par correspondance, je ne suis pas faite pour le système 'normale' (et ça, croyez-moi, on me l'a bien fait comprendre), je préfère pouvoir me gérer seule, apprendre seule, je n'ai pas besoin d'être entourée par 28, ou 50, ou 100 autres personnes pour apprécier l'école. Parce qu'en vrai, moi j'aime l'école, j'aime apprendre, j'aime écouter des gens intelligents, j'aime me sentir évoluer, mais je n'aime pas être avec les autres, être entourée d'inconnus, devoir échanger un minimum pour ne pas être la fille snob et antisociale. Et donc, après avoir établi tout un dossier, dans lequel j'ai raconté presque toute ma vie, j'ai été acceptée. Mon estime de moi est remontée en flèche, même si j'avais échoué à mes concours, j'avais réussi à intégrer un master sélectif, qui me fait envie. Et pour la première fois, j'ai l'impression de pouvoir apprendre pour moi, et non par devoir, pour faire plaisir à mes parents (ça c'est une grande révolution dans ma vie).
Je me suis sentie grandir cette année,
Tout d'abord, chose qui peut paraître anodine, j'ai arrêté d'écouter de la musique dans la rue, comme si je n'en avais plus aussi peur qu'avant, je marche maintenant en appréciant les bruits de la ville, ou de la campagne, je ne me cache plus derrière mes écouteurs, la tête baissée pour que personne ne pose les yeux sur moi. J'ai aussi dit adieu à certaines parts de moi, fait le point, honnêtement, sur certaines personnes en acceptant, parfois avec difficulté et tristesse, que les "pour la vie" ne se réalisent pas toujours, et ce même en amitié. Et j'essaye de plus en plus de chasser les démons qui me rongent depuis 10 ans, d'arriver à accepter tout ce que j'avais pu vivre, bon ou mauvais, en comprenant que tout ça m'a amenée à être ce que je suis à présent.
De l'adolescente brisée est entrain d'éclore une jeune femme plus déterminée que jamais à avoir droit à sa part de bonheur.
Et pour ça, je suis bien entourée, des relations familiales qui s'améliorent d'années en années, un amoureux avec qui nous avons de nombreux projets d'avenir, sans pour autant nous mettre la pression, et laisser les choses venir, et des ami(E)s en or, que j'aime d'amour, et que je regrette de ne pas voir plus souvent parce qu'elles me font un bien fou. J'ai aussi enfin entendu ce que je voulais entendre depuis presque 4 ans de la part de quelqu'un, j'ai pu faire la paix avec moi-même et conclure ce chapitre de ma vie, tout en repartant sur de nouvelles bases saines et heureuses. J'ai aussi pour la première fois, travaillé, et pas seulement en mode "job d'été", j'ai été intervenante auprès des élèves d'option théâtre de mon ancien lycée, et c'était une expérience plus qu'enrichissante, parce que j'ai pu enfin dire au revoir à la lycéenne que j'étais et qui se cramponnait à moi depuis quatre ans, même si je suis toujours persuadée que ces lieux sont mon deuxième chez moi. J'ai commencé mon service civique pour 6mois dans les Vosges, moi qui m'étais juré que je n'irai jamais y vivre, et que je n'aimais pas ce département, j'avoue être tombée sous le charme, et j'ai un léger pincement au coeur de devoir quitter tout ça pour revenir à Nancy.
Nous avons quitté un appartement, pour en trouver un autre, qui me plaît moins, mais auquel je veux laisser une chance, parce que si j'ai appris quelque chose avec Lui, c'est que je me moque de l'endroit où je suis, tant qu'il est à porté de bras.
Je souffre toujours ma maladie, mais j'apprends à l'assumer, petit à petit, et j'essaie de moins haïr mon corps qui me fait tant souffrir, qui sait, peut-être qu'on arrivera à faire la paix lui et moi.
J'ai certainement beaucoup trop parlé, et je m'en excuse, mais tout ça me permet d'entrer avec une certaine sérénité dans mes 22 ans. Alors merci à vous, encore et encore, vous n'imaginez pas tout le soutien que vous m'avez donné quand j'étais au plus bas.

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